La Trans Galerie 2019 : So Book !

Quatrième année pour la Trans Galerie, mais sixième édition puisque ce lieu de rencontre entre les arts plastiques et la bande dessinée s’installe à raison de deux éditions annuelles depuis maintenant trois ans.

Sous la direction artistique conjointe de Corine Borgnet et Rodolphe Baudoin, la Trans Galerie présente cette année une sélection de travaux autour du livre comme objet de la pratique artistique. On y verra donc des livres transformés par plusieurs artistes, à savoir : François Andes, Rodolphe Baudouin, Jessy Deshais, Daphné Gentit.

« So Book ! » sera visible dans l’espace principal du SoBD, Halle des Blancs Manteaux, les 6, 7 et 8 décembre.

  • Jessy Deshais, Petit format découpé
  • Francois Andes, Le Temple dans la forêt
  • Rodolphe Baudoin, De l'autre côté du miroir
  • Daphné Gentit, Solitaires-Solidaires, So Book !

« So Book ! » vous propose cette année une nouvelle sélection d’œuvres de plasticiens contemporains se réappropriant le livre, un objet si bien connu des artistes de bande dessinée. Une autre manière de faire des livres.

Les artistes invités

François Andes vit travaille dans le nord de la France, où il est artiste associé du Groupe A, coopérative culturelle. Il a présenté  plusieurs performances et a participé à de nombreuses expositions. Une rétrospective de son travail sur dix ans est prévue en 2021 à Labanque. Au cours d’une résidence en Corée du Sud, en 2018, il a réalise plusieurs leporellos à la façon coréenne. Une sélection de ces pièces sera présentée sur le SoBD, dans l’exposition So Book ! de la Trans Galerie.

Distant du branché à tout prix, Rodolphe Baudouin définit volontiers son travail comme celui d’un artisan hors des modes et des circuits. Son geste créatif toujours fondé sur le sincère, met en lumière la vérité de son humanisme. C’est en ce sens, qu’il est au-devant des questionnements d’une modernité revenue des spéculations froides assistées par ordinateur. Il y a chez ce sculpteur, dessinateur, metteur en installation, une éducation esthétique halée à l’art ludique, ses pièces empruntant aux morphologies des toons, aux  dioramas du modélisme, aux cadrages des planches de la bande dessinée.

« Jessy Deshais, que la pratique protéiforme mène de l’installation vidéo à la sculpture de livre, est une redoutable observatrice du monde contemporain, explorant inlassablement ses propres démons comme ceux qui agitent le monde. Des douleurs et des rêves de l’enfance, de la violence faite au corps, elle tire des œuvres d’une humanité qui n’a peur ni des mots ni des images, se joue des bienséances, des codes et des réalités, fussent-elles organiques. » Marie Deparis-Yafil.

Daphné Gentit est née en 1978. Diplômée des Arts Décoratifs de Strasbourg, elle a participé à de nombreuses expositions collectives et personnelles, en France comme à l’étranger (Japon, Italie). Elle appuie sa recherche esthétique sur une expérimentation physique et conceptuelle de l’altérité. Ses sculptures et ses dessins sont élaborés à partir de manipulations de signes (déplacements, passages et associations), avec pour objectif de mettre en évidence un rapport à un autre pourtant irréductible : « un art qui n’aurait plus peur dans le noir ».

Œuvres présentées (parmi d’autres)

La Trans Galerie

« Petite, je transgressais. Au kiosque de la gare, d’où partaient les transports de troufions, j’achetais les petits formats, ces BD de poche au goût sulfureux. Zembla, Pif et compagnie. Je rentrais chez moi, transie par l’appréhension, mais déjà en transe dans l’attente du plaisir de la lecture. Une lecture rapide, fébrile, transitoire. Ce désir transgressif ne m’a pas quitté, mais c’est sous d’autres formes qu’il me transfigure. Transmuons ces formes, transfusons la charge de l’une dans l’autre puisque l’une et l’autre ont fait la même vie. Puis transmettons tout ça. »

Ce témoignage d’une artiste plasticienne, dont, de prime abord, le travail n’évoque en rien la bande dessinée, nous a conduits à élaborer au sein même du SoBD, le salon de la bande dessinée au cœur de Paris, un espace transgenre. Nous y accueillerons les transfuges, ces artistes contemporains, travaillant la surface comme le volume, le fixe comme le mouvement, le temps d’une brève incursion sur un autre territoire.

Aux amoureux de la bande dessinée, nous offrirons le spectacle certainement déroutant de transmigrations évanescentes, c’est-à-dire dire d’œuvres transperçant les murs bâtis autour des disciplines.

Renaud Chavanne, fondateur du SoBD
Corine Borgnet, artiste plasticienne